jeudi 11 octobre 2018

Vestiges incas à Ollantaytambo

D'impressionnantes terrasses accrochées à la montagne sur des dizaines de mètres de hauteur, temple formé d'énormes blocs de pierre de plusieurs tonnes, hissés jusque là et ajustés sans mortier, épais murs de fortifications, longs escaliers  d'accès, voilà le site d'Ollantaytambo, qui fut forteresse  et centre cérémonial inca, dominant et contrôlant la vallée fertile de l' Urubamba. 
Dans le village, on retrouve les rues datant de l'époque inca, tracées à angle droit et dont les murs reposent sur de gros blocs de pierre toujours assemblés sans mortier et qui ont résisté aux
tremblements de terre. Des canaux amenant l'eau de la montagne bordent ces rues ou ruelles.


Les terrasses


Pierres taillées et tondeuses animales


Le Temple du Soleil


La zone des  bains


Les ruines vues par Daniel




Une ruelle inca dans le village


lundi 8 octobre 2018

Vers la vallée de l'Urubamba

Après le petit déjeuner chez Cleofe, nous reprenons la route vers Urubamba. Parcours beaucoup plus facile que le premier jour: quelques côtes et une longue descente vers  la vallée, presque 9OO m plus bas. Sur le plateau, c'est une mosaïque de champs fraîchement labourés, prêts à être cultivés : pommes de terre, orge, fèves.
A partir de Maras,  la descente devient vertigineuse jusqu'à la ville d'Urubamba. Il valait mieux faire le parcours dans ce sens ! Nous avons les impressionnantes montagnes devant nous. La descente continue vers Ollantaytambo, le long de la rivière Urubamba.
Malgré les averses, la température devient plus clémente.
Curieuse arrivée à Ollantaytambo : la route butte contre les terrasses incas qui surplombent la ville et vire à 90° à droite. On monte dans la ville par une rampe étroite, recouverte de grosses pierres inégales, impossible à faire à vélo ! Même les voitures et mini-bus si pressés sur la route sont obligés de rouler au pas. Dans la ville aux rues étroites et à  sens unique, c'est  une circulation infernale  de bus de tourisme, mini-bus, taxis, motos-taxis, camions.., le tout étant réglé sans feux rouges par les policiers.
Sur tout le trajet, la plupart des véhicules nous doublent sans trop se déporter et sans se soucier s'il vient quelqu'un en face.
Quant aux chiens, même s'ils nous ont moins ralentis aujourd'hui, ils sont toujours là. Nous avons eu droit à quelques tentatives d'intimidation.
Nous avons vu un mini-bus qui s'était mangé la paroi rocheuse,après un virage dans une descente.
Dimanche, jour d'élections, beaucoup d'indiens sont venus voter, vêtus de leurs  costumes traditionnels, très colorés, pour bien marquer leur appartenance à leurs communautés.


Mosaïque de champs sur le plateau de Chinchero



Vallée de l'Urubamba



Arrivée sur la ville d'Urubamba



Motos-taxis dans Urubamba



Hamsters à la broche, spécialité culinaire locale 



Indiennes à Ollantaytambo


Oh ! Le beau chapeau !

dimanche 7 octobre 2018

Chinchero

Après une nuit passée chez Cleofe, nous partons visiter le village et son site archéologique. Pour y accéder, il faut être muni du Boleto turistico qui donne accès à une dizaine de sites archéologiques  autour de Cuzco mais pendant 10 jours seulement. Quand on est à vélo, c'est assez contraignant et nous allons devoir bien programmer notre circuit.
Le site de Chinchero, est intéressant pour ses superbes terrasses construites par les Incas sur fond de montagne. Sur la place de l'église, un petit marché artisanal se tient tous les jours. On y trouve surtout des tissages fabriqués dans la région. Les rues conduisant au site sont bordées de boutiques d'artisanat et de souvenirs. dans lesquelles quelques artisans travaillent. Le dimanche, le grand marché de Chinchero très coloré attire une foule de visiteurs. Des paysans, souvent d'origine indienne,   viennent  de différentes communautés pour  vendre leurs produits, certains pratiquant encore le troc. 
Nous avons passé quelque temps dans l'atelier de production textile dans lequel travaille Cleofe. Une cinquantaine de  femmes, indiennes, portant le costume traditionnel, se relaient chaque semaine dans ce centre pour vendre leur artisanat : tissages, vêtements en laine de mouton ou de lama, accessoires. La plupart fabriquent chez elles quand elles ne sont pas dans ce centre.
Cleofe, comme beaucoup de femmes d'origine indienne, a une  vie très dure: levée  tôt, vers 5 H du matin, elle commence par s'occuper de son jardin et de sa serre où elle cultive des fraises. Elle possède aussi quelques parcelles de terre où elle cultive pommes de terre, fèves, orge, pour la consommation familiale. Son mari, ouvrier, n'a que le salaire minimum, soit environ 800 soles (240 €). Elle s'est fait construire une maison il y a 10 ans mais elle n'est pas encore achevée. Etant très attachée aux traditions indiennes et au mode de vie et techniques d'autrefois, elle a entrepris la construction d'un écho-musée mais les fonds lui manquent pour le mettre en place rapidement. 
Toujours en action, elle est aussi en contact avec l'association française Ayudar,  ce qui  offre un débouché à ses tissages. Elle est parfois invitée en France par cette association qui lui donne l'occasion de présenter l'artisanat péruvien à travers le tissage  sous forme de démonstrations.
En fin de journée, nous avons vu arriver à vélo la famille Macé, parents et trois enfants, épuisés après la montée de plus de 600 m de dénivelés positifs depuis Cuzco. Les enfants sont admirables, ils ont bien surmonté les difficultés du trajet !


Chinchero : terrasses incas



Chinchero : église et petit marché artisanal



Gravure sur calebasse



Chapeau traditionnel de la région 


Pause dégustation dans le centre d'artisanat avec un candidat aux élections municipales



Chapeaux traditionnels de Chinchero



Tissages dans le centre d'artisanat


Cleofe devant sa maison


Arrivée à  vélo à Chinchero de la famille Macé

Premier jour de vélo : dur, dur !

Voilà enfin les vélos déballés et remontés pour partir de Cuzco à l'assaut des Andes en direction de Chinchero. On avait vu qu'il y avait de beaux dénivelés et il s'est avéré qu'ils étaient très beaux ! Déjà, pour sortir de Cuzco, nous avons poussé les vélos sur des rues bien pentues,  traversant les quartiers populaires en construction. Ici, tous les espaces vides sont vite investis pour y construire des maisons ou des immeubles en brique, ce  qui donne une couleur d'ensemble assez monotone. Cette vue  de Cuzco, dont  la banlieue s'étend sur les pentes, nous rappelle beaucoup  La Paz dont les pentes sont elles aussi entièrement recouvertes de bâtiments de brique. 
Nous avons ainsi grimpé péniblement pendant quelques kilomètres puis nous avons suivi une longue descente nous faisant perdre presque tous les mètres que nous avions gravis. Désespérant ! Les montées se sont ensuite succédé, une côte en cachant une autre et encore une autre. Nous avons souvent marché à côté du vélo, notre souffle étant très court à cette altitude. Il a aussi fallu lutter contre les chiens qui se précipitent sur nous en aboyant. Les pierres, ils n'aiment pas, mais à chaque fois, il faut s'arrêter, leur crier dessus et leur lancer des pierres ou seulement faire semblant : apparemment, ils les craignent.
Quant aux voitures ou mini-bus, ce fut un ballet incessant de véhicules de tourisme qui vont de Cuzco à Urubamba et qui nous ont souvent  frôlés dangereusement. 
Autant dire que lorsque nous sommes enfin arrivés à Chinchero après 7 heures de vélo et de marche pour parcourir 32 km, nous étions bien fatigués. 
Au cours du trajet, nous avons eu largement  le temps de voir des affiches de la campagne pour les élections municipales du dimanche 7 octobre,  certaines étant peintes directement sur les maisons. Nous aurions pu aussi nous livrer à une étude des déchets abandonnés le long de la route. A  Ticatica, nous avons eu quelques aperçus du marché .
A Chinchero, Cleofe, une indienne dont nous avons eu les coordonnées à travers des membres de l'association "Ayudar", nous attendait depuis quelques heures. Elle nous a hébergés pour cette première nuit à Chinchero.


Banlieue de  Cuzco



La banlieue de Cuzco se déploie sur les pentes


Affiche campagne électorale


Campagne électorale


Marché à Ticatica



Une marchande de poulets à Ticatica



Marché à Ticatica



Päuse


samedi 6 octobre 2018

La Estrellita

La Estrellita est l'auberge  où nous logeons à Cuzco  pendant quelques jours pour nous acclimater à l'altitude  avant d'aller dans la Vallée Sacrée. C'est une maison à l'architecture traditionnelle, construite il y a 80 ans et composée d'une cour rectangulaire entourée de bâtiments dont deux comportent un étage bordé par un balcon en bois. C'est rustique mais propre. Les propriétaires, Lidia et son frère, passent leur temps à balayer, nettoyer les sanitaires, préparer les petits déjeuners ou laver le linge des clients. Evidemment, l'endroit n'a rien à voir avec les hôtels situés dans le centre de Cuzco autour de la Plaza de Armas, hôtels  qui occupent d'anciennes demeures ou palais ayant appartenu à de riches colons espagnols.
Les touristes ici sont pratiquement tous des voyageurs à moto ou  à vélo et on entend parler anglais. Ce sont beaucoup de jeunes qui voyagent seuls, avec des copains, en couple ou en famille comme celle qui est arrivée le même jour que nous. C'est cosmopolite : une Espagnole, un Portugais, une Indonésienne, un Australien, des  Américains, des Français et autres...Tous consultent régulièrement leur smartphone pour organiser leurs visites et leur voyage. Nous faisons figure de Néandertaliens avec nos cartes papier ! Et  néanmoins la communication est facile, chacun partageant son expérience. C'est ainsi que Daniel a trouvé un autre cyclo-voyageur qui, comme lui,  dessine et fait des aquarelles de ses voyages et ils ont pu apprécier réciproquement leurs créations...








mercredi 3 octobre 2018

Cuzco, le Nombril du Monde des Incas

Après une heure et demie  de vol entre Lima et Cuzco, nous voilà à Cuzco, à 3300 m d'altitude. Un  léger mal de tête nous rappelle que nous sommes en altitude, mal de tête résorbé en 24 heures. Comme beaucoup de cyclistes, nous logeons à l'Hostal La Estrellita où vient juste d'arriver une famille française de Toulouse, partie pour un tour du monde à vélo, avec trois enfants, 14, 13 et 8 ans. Ils ont déjà parcouru le Québec et arrivent de New York. Quelle chance pour ces enfants de pouvoir découvrir le monde de cette manière !


Une balade à pied du centre de Cuzco nous permet de nous habituer à l'altitude. La Plaza de Armas a beaucoup de charme avec ses églises de pierre ocre rouge. Il faut imaginer qu'elle a été le centre de la capitale de l'empire inca, probablement entourée de temples. Aujourd'hui, elle rappelle certaines places espagnoles avec ses arcades surmontées de balcons en bois sculpté. Touristes étrangers et péruviens, marchands ambulants, rabatteurs proposant restaurants, excursions dans la région ou séances de massages, la place offre un spectacle vivant. En flânant dans les rues qui l'entourent, on voit l'origine inca de la ville : les fondations et les murs de nombreuses demeures sont intacts. Ce sont d'énormes blocs de pierre taillés et assemblés sans joints qui ont résisté au pillage des Espagnols et aux tremblements de terre. Des rues très étroites et escarpées nous rappellent également certaines rues de La Paz. D'autres ont des airs d'Andalousie avec leurs façades blanches, leurs balcons et leurs portes peintes en bleu.

Nous allons visiter  le Qorikancha, ou ce qu'il en reste : c'était le plus grand temple de l'empire inca, dont certaines parois étaient recouvertes de feuilles d'or et orné de statues en or et en argent. Les Espagnols se sont empressés de récupérer l'or, détruisant ce temple et utilisant les pierres  pour construire  l'église et le couvent de Santo Domingo sur les fondations incas.

Les églises abondent ici mais leur visite est presque  toujours  payante, alors nous  passons devant, nous contentant d'admirer les impressionnantes façades baroques.

La visite du musée d'art précolombien nous tentait  et  elle complète celle du musée Larco de Lima avec de superbes pièces en or, argent, bois ou céramique.

Les prix des hôtels et des restaurants à Cuzco sont plus élevés que dans le reste du Pérou. En cherchant bien et en s'éloignant du centre très touristique, on peut trouver des menus à 12 soles (3,60 €) où l'on mange bien et avec des Péruviens. Menu basique : une entrée (petite salade), une soupe à base de légumes avec des morceaux de viande ou des pâtes, et un plat principal : viande ou poisson accompagné de pommes de terres, maïs, lentilles et pratiquement toujours de riz qui remplace le pain. Une boisson sucrée, chicha morada (autrefois à base de maïs, aujourd'hui, on ne sait pas !) ou de l'emoliente (breuvage à base de plantes) accompagne le repas.

Aujourd'hui; grande manifestation dans les rues de Cuzco. Les employés territoriaux protestaient contre une nouvelle loi qui leur retire certains avantages. Plus loin, dans la montagne, des producteurs de coca barraient une voie de passage, réclamant une augmentation du prix de la coca, coca qui n'est pas destinée au trafic de drogue mais utilisée dans la fabrication d'aliments comme les infusions ou des pastilles. Socialement, le pays semble bouger.


Famille française partie pour un tour du monde à vélo




La Plaza de Armas après la pluie




Fondations incas


Plaza de Armas vue par Daniel




A la sortie de l'école


Céramiques Mochica



Balcon sur la Plaza de Armas





Manifestation d'employés territoriaux





lundi 1 octobre 2018

Lima, toujours chaotique

Buenos dias,

Nous avons retrouvé  Lima telle que nous l'avions quittée il y a un an, bruyante et polluée, et aujourd'hui bardée de slogans politiques en vue des  élections municipales du 7 octobre. La sécurité, c'est le slogan commun à tous les candidats. Les affiches indiquent comment voter: il faut cocher le logo du parti choisi. Et, au Pérou, le vote est obligatoire sous peine d'amende.

Comme l'année dernière, nous sommes accueillis par nos amis franco-argentin dont les enfants - pour ceux qui les connaissent, Léa, Rebeca et David - étudient à l'Ecole Française de Lima et  font aussi de la musique. Nous avons ainsi été invités à un concert  organisé par leur école de musique, concert rock où nous avons pu apprécier le travail des élèves, que ce soit en pratique instrumentale ou vocale.

Dans le centre de Lima, des producteurs de café occupent la  place  San Martin depuis 3 jours. Venus de la région de Junin dans les Andes, ils réclament une reconnaissance de leur travail auprès du gouvernement. Le café qu'ils produisent est de qualité, souvent biologique, mais très mal rémunéré. Les subventions auxquelles ils ont droit  sont souvent détournées. Corruption ?
Nous avons fait une longue balade à pied jusqu'à Miraflores et Barranco, deux quartiers résidentiels à l'écart des zones plus populaires et défavorisées. De là, nous  dominons le Pacifique que nous allons quitter pour gagner les Andes.

( Désolée, mais je ne peux pas mettre les accents sur les mots espagnols...)

Délinquants : vos jours sont comptés !




Manifestation de producteurs de café
La côte pacifique