samedi 21 octobre 2017

Entre Chili et Bolivie

A la suite de la Guerre du Pacifique, entre 1879 et 1884, la Bolivie a perdu sa façade maritime au profit du Chili. Ce dernier a tenté de compenser cette perte en construisant la ligne de chemin de  fer entre Arica et La Paz. Cette ligne étant désormais fermée, c'est par la route que se fait le transit entre la Bolivie et le port chilien d'Arica. Des centaines de camions de marchandises  circulent sur cette route de montagne et c'est sur cette route que nous avons roulé. Au Chili, un tronçon de 30 km est en travaux, bloquant les camions sur des kilomètres et provoquant des nuages de poussière que nous avons respirée.
A la frontière, côté bolivien, à Tambo Quemado, c'est le grand changement : les rues ne sont plus goudronnées, les hébergements très sommaires, tout est sale et négligé. On sent que l'on a changé de pays.


Bivouac devant le lac Chungara et le volcan Parinacota



Camions bloqués par les travaux



Nous avalons la poussière



Lagune de Cotacotani















mardi 17 octobre 2017

Du Pacifique aux Andes : le bilan

Passer du niveau de la mer à 4650 m d'altitude sur 200 km donne une idée des côtes que nous avons dû gravir. En fait, le vélo a surtout servi à transporter nos bagages. Nous, nous avons poussé les vélos car ce parcours est plutôt réservé aux cyclistes qui ont l'habitude de monter des cols. Ici, ils devraient se régaler! Mais nous ne regrettons pas d'avoir entrepris ce voyage, ne serait-ce que pour les paysages grandioses. Et puis les vélos poussés nous ont donné l'occasion de rencontres intéressantes : avec des employés de Engie, avec des Chiliens qui nous ont transportés dans leur pick up, avec des routiers  boliviens, avec un berger bolivien musicien, avec des gens simplement curieux. Les contacts  ont vraiment été faciles, tant sur la route que dans les villages où nous nous sommes arrêtés, avec Chiliens, Boliviens ou Péruviens.
Une page du voyage se tourne, nous entrons en Bolivie.

Parinacota, village du bout du monde

Nous arrivons à Parinacota en camionnette car pas question de monter encore 1000 m de dénivelé à vélo à plus de  4000 m d'altitude. Le souffle nous manque.
Parinacota, est un village ou plutôt un hameau de l'altiplano où n'habitent plus que 3 personnes, Don Leo, le patron de l'hôtel Uta Kala, sa femme qui tient la boutique de souvenirs et d'artisanat et une vieille dame et, du lundi au vendredi , l'instituteur et ses 6 élèves. Toutes les autres maisons et petites boutiques sont cadenassées. Les maisons, comme toutes celles des petits villages du nord du Chili, sont basses  et  recouvertes de tôles. Et pourtant, ce minuscule village  a un certain charme avec son église du XVIème siècle, peinte en blanc, recouverte de chaume ( certes en très mauvais état) et  flanquée de son clocher carré. Peu de tours organisés  s'arrêtent dans ce village qui mérite le détour. Autour du village, les bofedales, zones marécageuses ressemblant à des tourbières, regorgent d'oiseaux  et sont parcourues par des troupeaux de lamas et d'alpagas. Plus loin, la lagune de Cotacotani, au pied des deux volcans Parinacota (6340 m) et Pomerape (6240 m), est à voir également à condition d'avoir un bon guide car aucun sentier n'est balisé et on peut vite se perdre dans ces amas de rochers, ce qui a failli nous arriver...
L'école est chauffée alors que les maisons ne le sont pas. Elle est très bien équipée : Internet, PC, imprimante, vidéoprojecteur, télévision grand écran plat. 5 élèves sont internes. Leurs parents sont éleveurs de lamas ou d'alpagas et vivent loin du village. L'instituteur vient d'Arica, il reste là du lundi au vendredi. Il aime cette vie dans ce lieu très isolé. Les enfants semblent épanouis et curieux. Ils ont déjà voyagé dans plusieurs régions du Chili, en avion ! Cette école contraste vraiment avec l'état d'abandon du village. Il est évident que le gouvernement chilien souhaite maintenir les écoles là où il y a encore des enfants.



Eglise de Parinacota



Alpagas



lamas



Vigogne



Oies des Andes



Viscache



Flamants roses et vigogne



Lagune Cotacotani, volcans Parinacota et Pomerape



Fleurs  sur les rochers



Dans l'école de Parinacota



Ils admirent le carnet de voyage de Daniel

mardi 10 octobre 2017

Putre : tremblement de terre

La chance nous a souri encore une fois : des Chiliens qui allaient au lac Chungara ont eu pitié de nous alors que nous poussions les vélos  et nous ont emmenés jusqu’à Putre dans leur pick up.
Putre est un village de montagne à 3500 m d'altitude aux portes du parc de Lauca.
Comme dans plusieurs villages de cette région, les rues sont en travaux. Parfois, on pave les rues, ici à Putre, on refait le réseau d'eau potable. Partout, il y a de la poussière.
Cette  nuit, vers 3 h du matin, un bruit sourd, les murs se mettent à trembler, ça vibre de partout sur les cloisons, on a l'impression que le bâtiment  se gondole et que l'on est soulevé. On se croirait dans une attraction de fête foraine où l'on est secoué de partout ( c'est ce que j'ai ressenti sur le moment). La secousse a duré 10 -15 secondes. Elle a été suivie de 2 ou 3 faibles  répliques que Daniel a bien senties, moi non parce que je dormais. Ce tremblement de terre avait la puissance 6,3 sur l'échelle de Richter.
Nous venons de faire une randonnée pour aller voir des pétroglyphes dans une vallée. Sur le chemin, des enclos de fermes dans lesquels on garde le bétail : vaches, moutons ou chèvres. On cultive la luzerne sur ces plateaux arides mais irrigués par de nombreux canaux. Ici, comme dans la plupart des villages des Andes, la moyenne d'âge des habitants est assez élevée. Les jeunes vont étudier et travailler à Arica. La main d'oeuvre est surtout bolivienne ou péruvienne, sur les chantiers, dans l’hôtellerie...
Demain, nous  entrerons dans le parc de Lauca, à 4000 m d'altitude. Le paysage va changer, la température aussi ! Il n'y aura certainement pas d'ordinateur pour le blog. Je pense qu'il faudra attendre d’être à La Paz, en Bolivie, pour retrouver une connexion et un PC. 


Route entre Socoroma et Putre



Putre
   



Putre



Sentier de randonnée



Pétroglyphes

lundi 9 octobre 2017

Suite des photos

Socoroma


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Du Pacifique aux Andes

Notre ordinateur ne fonctionne plus. Nous devons nous rabattre sur un PC chilien avec un clavier QWERTY. Il va manquer des accents, entre autres, l'accent sur le "a " sur le "u"ou sur le "e"et je ne pourrai peut- être pas assurer la suite du blog vu qu'il n'y a pas toujours  d'ordinateur disponible dans les endroits ou nous logeons. Les cyber-cafés sont en voie d'extinction puisque tout le monde a son smartphone !

Vendredi 6 octobre
Il va falloir désormais appuyer sur les pédales de nos lourds vélos. Les premiers 12 kilomètres sont une mise en jambes facile. C'est après San Miguel de Azapa que l'on prend conscience  que nous entrons dans les Andes. La première montée est raide : arrêts fréquents et vélos poussés. On a largement le temps d’apprécier le paysage. Cette voie était empruntée par les caravanes de mules qui transportaient jusqu'au port d'Arica l'argent extrait des mines de Potosi. Cette vallée permettait aussi aux colons espagnols de se ravitailler, notamment en huile d'olive. Aujourd'hui, la culture de l'olivier introduite par les Espagnols est supplantée par la culture de tomates sous serres, pas du tout écologique.
On atteint un plateau a plus de 1100 m d'altitude tout en faux plat. Nos efforts sont récompensés dans la descente : un paysage désertique avec vue sur l’étroite vallée verdoyante du Lluta.
Nous dormons dans une communauté Hare Krishna . 10 personnes latino-américaines travaillent ici en permanence pour cultiver la propriété, accueillir les hôtes et préparer des repas végétariens. Ils ne font pas de prosélytisme.

Samedi 7 octobre
Apres un petit déjeuner énergétique, nous reprenons la N11 empruntée surtout par des camions boliviens qui transportent des containers ainsi que du combustible entre Arica et La Paz. Ça  monte toujours avec des pentes plus ou moins marquées que l'on fait a pied. Nos vélos sont vraiment lourds et nos forces insuffisantes pour pédaler. Quant au paysage, c'est toujours le désert. Pas d'ombre, pas de végétation, les vautours sentant notre fin prochaine volent en rond au-dessus de nos têtes. Ce sont pratiquement les seuls oiseaux   que l'on voit ici. Aujourd'hui, 1000 m de dénivelé dans la chaleur ( plus de 30 degrés) et, chance inouïe:  vers 16 H, nous arrivons devant un champ photovoltaïque installe par Engie. Le responsable Don Ricardo, nous autorise a dormir sur le site. L'accueil est chaleureux et nous convient bien : cuisine, douche et toilettes.

Dimanche 8 octobre
Aujourd'hui, la chance nous sourit a nouveau. Nous venons a peine de parcourir 12 km de montées interminables quand un pick up  nous propose de nous prendre avec les vélos. Autant dire que l'on ne refuse pas ! C'est une famille de Santiago en vacances dans le nord et qui va passer la journée au lac Chungara, a plus de 4000 m d'altitude. Les vélos embarques, nous voila dans la benne du pick up et nous profitons du paysage qui, cette fois-ci défile a bonne allure. Un arrêt a Mallku, a la Posada Pueblo Taki, pour prendre un mate de coca. Nous pensions nous arrêter la pour camper mais le propriétaire des lieux est tout seul, sa femme est absente, leur fils ayant eu un accident. Nous poursuivons donc en pick up jusqu'au croisement avec la route qui descend a Socorama. Socorama, village aymara, est situe sur le Chemin de l'Inca,  sur une voie empruntée a l’époque préhispanique, par les caravanes de lamas puis par les caravanes qui transportaient l'argent venant de Potosi, après la colonisation. Aujourd'hui, des efforts sont faits pour sauvegarder le patrimoine local : l’église endommagée par un tremblement de terre a été restaurée. Une fondation aide a la réfection des façades des maisons avec des matériaux naturels locaux. Le village, essentiellement agricole, se consacre a la culture de l'origan, mais il ne reste que des personnes âgées ici.

C'est très laborieux d'utiliser un ordinateur qui ne veut pas corriger les fautes: Vous les corrigerez vous-mêmes.





Serres et oliviers



Descente dans le désert vers Poconchile



Accueil Hare Krishna



Route du Désert


Engie dans le désert



L’équipe d'Engie



Posada Pueblo Taki



L’équipe de secours

jeudi 5 octobre 2017

Arica, la ville de l'éternel printemps

Plusieurs détails indiquent que l'on a changé de pays : les  prix,  nettement plus élevés qu'au Pérou, la circulation en ville ( les voitures s'arrêtent aux feux  et aux passages pour piétons, au Pérou, non !), les coups de klaxon pratiquement absents (ici, on respecte le code de la route). La ville ressemble presque à une ville européenne : des centres commerciaux dans le centre ville  avec d'innombrables petites boutiques, des musiciens et chanteurs le long de  la longue  rue piétonne. Le même soir, nous avons assisté au défilé du personnel de la Santé publique  qui fêtait le 30ème anniversaire de cette institution à Arica, sur le thème du cirque et, sur une autre place,  c'était un concert avec des groupes régionaux de musique rock ou ska, à l'occasion de la journée de la musique, avec un bref hommage à Violeta Parra, grande chanteuse chilienne, dont c'était le 100ème anniversaire de  la naissance.
En nous promenant dans Arica, nous sommes montés jusqu'au Morro, la falaise qui domine la ville à 110 m de hauteur, là où eut lieu la bataille sanglante contre le Pérou au cours de laquelle ce dernier a perdu la ville, en 1880.
Gustave Eiffel a marqué la ville avec deux monuments : la cathédrale San Marcos dont la structure a été entièrement construite en France pour être ensuite assemblée ici dans un style néo-gothique, entièrement  en fer, sauf les portes en bois. L'ancienne douane  a également été conçue par Eiffel. Ces deux bâtiments ont été construits après le terrible tremblement de terre de 1868 qui avait détruit une grande partie de la ville. Nous avons aussi visité le musée des momies, momies qui sont restées in situ, dans la  maison où elles ont été découvertes en 1984. Il s'agit de momies chinchorros, un groupe ethnique de pêcheurs et chasseurs qui s'était installé dans cette vallée, il y a plus de 7000 ans. Nous  visitons aussi le musée  archéologique de San Miguel de Azapa consacré à la culture chinchorro.

Vous n'aurez plus de nouvelles pendant plus d'une semaine. Nous allons tenter d'aller vers la Bolivie en passant par le parc de Lauca situé sur les hauts plateaux andins. Ca va grimper !


Arica : le Morro



Vue d'Arica du haut du Morro


La cathédrale San Marcos conçue par Eiffel




Momie chinchorro, de plus de 7000 ans



Repas sur  le port



Défilé du personnel de la Santé publique (1)



Défilé du personnel de la Santé publique (2)


Carnet de voyage de Daniel  (8)



Carnet  de voyage de Daniel ( (9)