lundi 12 décembre 2011

Avons-nous atteint nos limites ?

Sur la place d'Abra Pampa



Le hameau de Tres Cruces





Rencontre avec une famille d'Argentins




Cycliste argentin parti pour Ushuaïa





En direction de la puna





Restaurant spécialisé dans la viande de lama






Hola !


Nous voilà partis pour 58 km avec 750 m de dénivelés à plus de 3000m d'altitude. Bien préparés psychologiquement, nous savons que ça va être long et pénible. La première côte nous oblige à mettre pied à terre et à pousser les vélos. Notre souffle devient plus court. Nous commençons alors à mâcher des feuilles de coca, ce qui nous donne l'impression de moins peiner et d'être moins essoufflés dans les montées qui n'en finissent pas. Nous avons le regard fixé sur les compteurs, Daniel pour la distance et moi l'altitude. Nous sommes parfois déçus lorqu'une descente s'annonce : il faudra remonter ce que l'on vient de descendre...Après 5 heures d'efforts, nous arrivons à Tres Cruces, à peine fourbus mais satisfaits d'avoir atteint les 3700 m, sans dommages ! Nous constatons donc que le plaisir de pédaler avec des vélos chargés diminue au-delà de 3000 m. En cela, nous ne sommes pas de vrais cyclo-randonneurs, nous restons des amateurs.

Précision : les feuilles de coca sont en vente libre (5 pesos = 1 €) et consommées légalement, en particulier par les travailleurs manuels (maçons, ouvriers agricoles, mineurs) sous forme de chique qui forme une grosse boule sous leur joue. Les vertus de ces feuilles sont nombreuses : elles stimulent l'organisme, coupent la faim, réduisent les effets de l'altitude.

Rencontres

En un seul jour, 2 rencontres intéressantes :

- le matin, un jeune cycliste argentin qui vient de la Quiaca, à la frontière bolivienne, s'arrête et nous passons une bonne heure à discuter sous un soleil de plomb (+ de 35°). Il commence une longue traversée de l'Argentine, du nord au sud, jusqu'à Ushuaïa, pendant 5 mois. Il examine nos vélos, prend note de la marque de nos sacoches, se renseigne sur notre itinéraire en Patagonie. Echange d'adresses et de blogs.

- en fin d'après-midi, alors que l'orage menace, une famille d'Argentins de la Plata, s'arrête pour nous interroger sur notre périple. La jeune femme est une grande sportive qui fait de longues courses à pied, la dernière de plus de 100 km autour de Maimara dans la région de Tilcara. Comme elle a déjà gagné plusieurs courses, elle espère être sélectionnée pour la course autour du Mont Blanc en 2013. Nous nous séparons donc en nous donnant rendez-vous en août 2013 et avec une image pieuse de San Expedito.



Aujourd'hui, miracle. Bien que faisant halte dans la petite ville poussiéreuse d'Abra Pampa, aux trottoirs défoncés, nous avons une connexion avec Internet. Nous avons l'impression d'être au bout du monde. Déjà, hier soir, nous avons trouvé difficilement un hébergement à Tres Cruces : un hameau au milieu de nulle part, aux maisons délabrées, aux rues en terre et aux habitants craintifs. Nous avons trouvé une chambre sommaire chez l'habitant. Aujourd'hui, à Abra Pampa (3484 m d'altitude), nous sommes au milieu d'une population d'origine indienne.

Dans cette région, nous retrouvons certaines impressions de Patagonie : grands espaces dénudés battus par le vent, population isolée, maisons perdues dans la puna, ce haut plateau à plus de 3000 m d'altitude, élevage de lamas au lieu de moutons. Mais ici, les gens semblent plus méfiants que dans le sud.

Demain, en principe, dernier jour en Argentine. Nous devrions être à la frontière bolivienne. Nous ne savons pas s'il sera facile de communiquer avec vous.

Hasta luego !


samedi 10 décembre 2011

Fin de la Quebrada de Humahuaca

Buen día,
Excusez les fautes d´orthographe car le clavier est tres fantaisiste. Impossible de trouver les accents sur les bonnes touches.

Aujourd´hui, dernier jour dans la Quebrada de Humahuaca, vallée tres touristique, ce qui nous a donné l´occasion de rencontrer des Argentins d´un peu partout, Argentins qui profitent d´un long pont pour la fete de la Inmaculada. Tous nous ont semblé tres ouverts, curieux, d´un contact facile et toujours admiratifs de nous voir voyager a vélo. Quel contraste avec les Argentins d´origine indienne que nous avons croisés dans les derniers villages parcourus. Plus nous montons vers le nord, plus nous sentons le clivage tres net entre ces deux populations : la population blanche, d´origine européenne, et l´indienne. Celle-ci reste discrete et est au service des blancs. Dans les hotels, restaurants, commerces, le personnel est d´origine indienne et travaille pour les blancs. Une tres faible proportion d´indiens a son propre commerce. La colonisation a laissé des traces. On se demande de quoi peuvent vivre tous ces indiens qui vendent des souvenirs aux touristes quand on voit qu´il y a une foule de vendeurs. Ce commerce sert-il la population locale quand on sait que bon nombre d´objets ou tissages sont désormais fabriqués en Chine...L´artisanat local doit vraimemt en souffrir.
Aujourd´hui, nous avons abandonné les vélos pour prendre un bus car on nous a conseillé d´aller a Iruya, un village perdu dans la montagne, a 70 km de Humahuaca. Il n´était pas envisageable pour nous d´y aller a vélo : on passe un col a 4000 m d´altitude, on roule sur une piste de ripio vertigineuse. En bus, il faut 3 heures pour parcourir 70 km. Mais le paysage est impressionnant : de vastes étendues pelées, des gorges découpées extremement profondes, des sommets qui dominent le tout. Nous avons rarement vu un tel décor. Eh bien, nous avons croisé 2 cyclistes, pas chargés, qui remontaient le col. Parcours réservé aux cyclistes mordus, acharnés, en excellente condition physique et capables de monter un col a 4000 m sur du ripio !!! Nous ne regrettons pas d´ etre allés a Iruya en bus, car sans bus, nous n´aurions jamais pu y aller et découvrir cette merveille. De plus, aujourd´hui, le village était en fete.On célébrait la prise de pouvoir du nouveau maire et des nouveaux conseillers municipaux. Beaucoup de familles étaient venues pour assister a la cérémonie, parfois de tres loin, a pied, en bus, en voiture, a cheval. Sur la place du village, on a pu voir une foule de paysans indiens, beaucoup portant chapeau et costume de fete ou costume du dimanche et qui attendait calmement l´arrivée des autorités et les discours. Un repas a base de viande leur a été distribué puis l´orchestre a commencé a jouer. Nous sommes partis a ce moment de la fete. Au retour, nous avons voyagé avec des familles de paysans qui ont quitté le bus pour rentrer chez elles a pied dans des endroits vraiment tres isolés. Certaines doivent traverser le lit d´une riviere a sec et suivre des gorges dont on ne voit pas le bout. Tout ce trajet avec des enfants. La encore, nous avons vu combien les populations indiennes vivent coupées du reste du pays.
Demain, nous continuons notre montée vers La Quiaca et la frontiere bolivienne, ce qui va nous prendre plusieurs jours. Il nous sera difficile, voire impossible de donner des nouvelles vu qu´il n´y a pratiquement aucun village le long de la route, seulememt quelques mines. Alors évidemment, pas d´Internet.
Rendez-vous donc dans une bonne semaine.
Hasta la semana que viene.

Photos Tilcara Humahuaca

Petite indienne




Humahuaca, monument de l´Indépendance






Lamas







Sur la ruta 9, vers 2800 m d´altitude








Passage du tropique du Capricorne









Tortitas de jamon y queso







Fleur de cactus






Cactus sur la Pukara de Tilcara







Sur la ruta 9 entre Purmamarca et Tilcara


jeudi 8 décembre 2011

Tilcara et les cactus candélabres

Buen dia,

Nous sommes à Tilcara depuis deux jours, à environ 2460 m d'altitude. Ceux qui nous suivent sur une carte doivent se dire que nous n'avançons vraiment pas vite. Et c'est vrai. Nous avons décidé de passer un jour de plus à Tilcara pour profiter de l'endroit. La vallée est superbe avec ses montagnes aux plis multicolores. Hier, nous avons visité un site archéologique précolombien, une pukara qui autrefois était une sorte de colline défensive et sur laquelle on a tenté de reconstituer différentes constructions, disséminées aujourd'hui au milieu de cactus candélabres. Ce matin, nous avons fait une randonnée jusqu'au pied d'une cascade perdue au fond d'un petit canyon et nous avons pu voir à nouveau ces cactus candélabres, pratiquement la seule végétation qui pousse dans ces montagnes arides. Par contre, au fond des larges vallées on cultive beaucoup de légumes, arbres fruitiers, maïs car il y a de l'eau, on irrigue et tout pousse facilement à cette latitude. Nous sommes sous les tropiques.
Demain matin, noue repartons en espérant profiter à nouveau de cette belle lumière qui donne envie d'avancer. C'est souvent dans l'après-midi que les nuages arrivent sur les sommets. Le vent se lève, l'air se refroidit vite à cette altitude et il peut alors se mettre à pleuvoir mais cela ne dure jamais bien longtemps, du moins jusqu'à présent. On enfile vite la polaire ou le gore-tex. Nous essayons de ne pas pédaler trop longtemps l'après-midi quand nous trouvons un hébergement. Cela nous permet de récupérer, de flâner ou de visiter et surtout, Daniel peut ainsi dessiner ou peindre. Il lui faut cependant quatre conditions : trouver un sujet, être à l'ombre, à l'abri du vent et avoir un endroit pour s'asseoir.
Nous croisons beaucoup de touristes français, des jeunes qui voyagent en Amérique latine avec sac à dos, des individuels qui ont loué une voiture et aussi des groupes. Alors quand on leur dit ou qu'ils voient que l'on voyage à vélo, ils sont souvent étonnés.
Merci pour tous vos mails. Ils sont toujours les bienvenus et ils m' encouragent à alimenter le blog. Beaucoup d'entre vous connaissent ma patience face à un ordinateur...
Même si nous sommes dans un environnement qui nous captive, votre courrier nous rappelle que c'est l'hiver en France, qu'il fait gris, que beaucoup d'entre vous êtes débordés de travail. Alors, courage à ceux qui n'ont pas beaucoup de temps libre et amitiés à tous.
Besos.
Huguette et Daniel

mardi 6 décembre 2011

Photos (suite)

La montagne aux 7 couleurs



Cactus en fleur






Raccourci sous la pluie








Le Rio Grande







De Jujuy à Purmamarca

Au menu, tamales (farine de maïs cuite dans une feuille de maïs), matambre (viande) et salades dont une avec du quinoa et des petites pommes de terre cultivées en altitude


Buen dia,


Nous voilà arrivés à Purmamarca, à 2194 m d'altitude, sans avoir trop souffert car la montée se fait très progressivement le long du Rio Grande. Evidemment, on ne bat pas des records de vitesse...Nous sommes donc partis de Jujuy, lundi matin seulement, car nous avons dû attendre le lundi pour acheter des cartouches pour le camping gaz vu qu'il va être difficile maintenant de trouver ce genre de produit. Nous avons d'abord traversé une partie des yungas, très vertes, pour arriver sur un paysage plus minéral. Etape chez l'habitant à Volcan. Non il n'y a pas de volcan, mais ici ce mot désigne les éboulements de roches soudains et violents.


Pumamarca où nous sommes aujourd'hui est célèbre pour sa montagne aux 7 couleurs provenant de roches sédimentaires d'origine marine. Ce village très touristique a su conserver une architecture traditionnelle basée sur des murs d'adobe (ou pisé) qui restent en harmonie avec le paysage. Naturellement, la petite place est totalement occupée par les marchands de souvenirs : tissages multicolores, bonnets, chapeaux, ponchos, poteries, etc. dont beaucoup sont fabriqués au Pérou. La population locale est en grande partie d'origine indienne (ils n'aiment pas le mot "indiens", ils emploient le terme de "natifs du lieu"). Ce sont donc des visages très cuivrés, des cheveux très noirs et des gens discrets que l'on rencontre désormais.


Demain, nous continuons en direction de Tilcara, site précolombien et, dans quelques jours, nous essaierons d'aller jusqu'à Humahuaca, là où se termine la Quebrada de Humahuaca, classée au Patrimoine Mondial de l'Unesco, pour son histoire et la richesse de sa biodiversité. Mais nous n'en sommes pas là...


Hasta luego.




samedi 3 décembre 2011

Salta-San Salvador de Jujuy

Voyez-vous Daniel ?



Nous avons rencontré un tatou








Fleur de cactée






A la sortie de l'école




Buen dia,


Nos premiers coups de pédales nous ont fait traverser une région de climat subtropical : forêts verdoyantes, grands arbres sur lesquels s'accrochent des plantes épiphytes, beaucoup d'oiseaux, élevages de bovins, le tout en suivant une route peu fréquentée qui serpente le long d'une corniche. Nous n'avons pas trop peiné vu que nous n'avons parcouru que 100 km en 3 jours. Il fallait que l'on se mette en jambes avec les vélos chargés et surtout que Daniel se teste après son opération. Il semble supporter les efforts. Demain, nous allons vraiment entrer dans une vallée andine avec des dénivelés plus marqués. Je pense qu'il sera plus difficile de se connecter à Internet et vous aurez donc moins de nouvelles pendant quelque temps.

Nous sommes donc arrivés à Jujuy (à moins de 1300m d'altitude), ville sans charme particulier mais moins entourée de bidonvilles qu'il y a 15 ans. Aujourd'hui, il fait chaud , plus de 30°.

Les Argentins ? Très affables, serviables, parfois admiratifs de nous voir pédaler, eux si attachés aux voitures et à tout ce qui a un moteur. Ne sont-ils pas du pays de Fangio ?

Leur côté négatif est leur négligence en matière de déchets : les fossés, les bas-côtés des routes, les trottoirs sont parsemés de sacs plastique, d'emballages de toutes sortes, de bouteilles plastique...

Ils aiment la musique et vivent dans un environnement assez bruyant qui ne semble pas les gêner. En cela, ils font penser aux Espagnols.

Nous espérons que tout va bien pour vous et vos familles. Vous nous donnerez peut-être des nouvelles par mail.

Besos.